Libération de 1,200 Israëlites 5 février 1945  Terezin
Terezin

English     FRANÇAIS      Español

JUILLET 1945 - Extrait du Rapport écrit par Jean-Marie Musy

Delivré à:  l'«Union of Orthodox Rabbis of the United States and Canada»  Représenté par:  Monsieur Sternbuch - Commité de Montreux, Suisse

Concernant :  l'action entreprise par Jean-Marie Musy et Benoît Musy en vue de la libération des Israélites (Juifs), détenus dans les camps de concentration allemands (1944-45).

Copyright 1945-2010
Tous droits de traduction, reproduction et d'adaptation
réservés pour tous pays

Les Missions de Jean-Marie Musy, ex président suisse
La Mission et démarches 1944-45

En avril 1944, Monsieur et Madame Lob vinrent supplier le Dr. Jean-Marie Musy d'intervenir auprès des autorités allemandes, afin d'obtenir la délivrance de leur soeur et beau-frère, Mr. et Mme. Bloch.   Les Bloch, de religion Juive,  furent arrêtés en France par les allemands.    Monsieur Musy connaissait la famille Lob depuis longtemps, et il avait été l'avocat du père Lob à Bulle (Gruyère-Suisse).   Les  fils Lob avaient tous fait leur service militaire dans la cavalerie, où servaient Pierre et Luigi Musy,  les fils de Jean-Marie Musy.

Jean Musy céda aux instances de la famille Lob et partis pour Paris, quoique ne laissant peu d'espoir concernant la réussite de la délicate mission.  A son arrivé à Paris, le général Hoberg, chef de la Police allemande en France fit remarquer immédiatement, «que jamais un Israélite, entré dans un camp de concentration, n'en était ressorti».  Monsieur Musy ne perdit pas courage, et insista tout spécialement sur le fait que Madame Bloch était d'origine suisse.   Après de multiple démarches et des interventions réitérées, la libération du couple Bloch fut obtenu grâce à Mr. Musy .  C'était un succès presque inespéré et cette délivrance était sans précédent.

C'est probablement cette libération qui valut en octobre 1944 la visite de Madame Bolomey, qui était venue voir Mr. Musy au nom d'un Comité récemment constitué à Montreux (Suisse).   Ce Comité était dirigé par le Rabbin Isaac Sternbuch, agissant en Suisse au nom de «l'Union of Orthodox Rabbis of the United States and Canada.»

Monsieur Isaac Sternbuch et Madame Recha Sternbuch exposèrent à Mr. Musy qu'il s'agissait d'intervenir en Allemagne, aux fins d'obtenir la libération des Juifs, qui gémissaient dans les camps de concentration.   Le Dr. Musy savait que les difficultés pour accomplir cette oeuvre seraient considérables et probablement insurmontables.   La logistique de cette mission était non seulement très difficile, mais aussi assez dangereuse.  Les Alliés surveillaient et mitraillent constamment les routes qu'il fallait, inévitablement suivre pour gagner Berlin.

Cependant, pour Jean-Marie Musy, le danger auquel il faudrait qu'il s'expose ne jouait pas un grand rôle dans sa décision de se charger de la mission.  Le sentiment  d'humanité et de charité chrétienne dicta à Mr. Musy et son fils Benoît leur interventions en faveur des détenus dans les camps de concentration allemands.   Ils ne reçurent ou demandèrent aucune compensation monétaire personnelle pour leur nombreux voyages en Allemagne.

Monsieur Musy écrivit ensuite à Himmler, le Reichfürer des S.S., pour lui demander une entrevue.  J.-M. Musy, ex-président suisse, connaissait Himmler depuis l'époque où les comités anti-communistes avaient été crées dans presque tous les pays.    Quinze jours plus tard, la réponse du général Himmler fut positive, et quelques semaines plus tard, Jean-Marie et son fils Benoît Musy, arrivèrent à Berlin par automobile (900 km de la suisse).

Ils voyagèrent en Allemagne en 1944-45 à titre privé et sans passeports diplomatiques. Ayant pris sa retraite en 1934,  J.-M. Musy ne se déplaçait plus comme mandataire du gouvernement suisse.   Ils furent simplement deux citoyens suisses qui essayaient d'aider les déportés juifs en Allemagne.

Le rendez-vous fut fixé avec Himmler dans un train militaire allemand en direction de Vienne.   A la première rencontre le général Himmler s'exprime en ces termes sur l'ancien homme d'Etat Suisse:  «C'était un homme totalement désintéressé, extrêmement intelligent et cultivé, qui n'avait qu'un seul but: sauver le plus possible de vies humaines parmi les centaines de mille de déportés dans les camps de concentration.»

Monsieur Musy lui exposa la considération humanitaire de sa mission et que l'Allemagne avait un intérêt majeur à libérer tous les camps de concentration.  Un document fut remis au général Himmler, attestant que les Américains étaient prêts à prendre à leur charge les frais d'entretien et de transport de tous les Juifs libérés.  Jean-Marie Musy voulait modifier le point de vue Himmler, qui était fort éloigné du sien.

La conférence dura deux heures.  L'entrevue aboutit à un résultat satisfaisant, puisque entre le général Himmler et Mr. Musy, représentant l'organisation des Rabbins Américains, il fut convenu l'arrangement dont voici les clauses:

     I) Les Allemands s'engageaient à libérer tous les Juifs, à peu près 600'000, détenus dans les camps de concentration en territoire occupé par les Allemands.  En outre, cette libération pouvait être effectuée sans l'autorisation de Hitler.

    II) Cette mise en liberté, qui devait commencer immédiatement, s'effectuerait moyennant en nature, à déterminer dès que «l'Union des Rabbins» en aurait accepté le principe.  Himmler demandait des camions, des tracteurs,  des autos, etc.   Jean-Marie Musy fit immédiatement la observation au général S.S. qu'il serait fort difficile de fournir à l'Allemagne une compensation de cette nature.  Mr. Musy s'efforça de lui faire comprendre, combien tout serait facilité, si les Allemands se contentaient de l'argent, auxquelles on pourrait ajouter éventuellement un stock de médicaments.  Himmler maintenait le point de vue concernant la compensation en nature.

Jean-Marie Musy - qui est?

Jean-Marie Musy: (1876-1952), 69 ans Catholique  romain., ancien Président et Conseiller Fédéral suisse (retraité en 1934).  En 1944-45, à titre privé, il intervint en faveur des  prisonniers des camps de concentration en Allemagne.   Le résultat fit que  plus de 1'200 Juifs ont été sauvés.

Benoît Musy: (1917-1956) Catholique romain - 27 ans, Lieutenant et Aviateur de l'armée suisse.  En 1944-45, à titre privé, il accompagna son père Jean-Marie Musy en Allemagne afin d'obtenir la délivrance des prisonniers des camps de concentration.

Isaac Sternbuch: Rabbin Juif - homme d'affaire qui habitait à Montreux en Suisse.  Seul autorisé à représenter en Suisse «l'Union of Orthodox Rabbis of the United States and Canada.»  En 1944 il demanda à Jean-Marie Musy d'intervenir en Allemagne, aux fins d'obtenir la libération des Juifs prisonniers.

R echa Sternbuch: (1905-1971)  Juive orthodox, soeur du Grand Rabin Chaim Yaakov Rottenberg.  Elle joua avec son mari Issac un rôle très important dans le sauvetage des Juifs. - Mission Musy, Theresienstadt 1944- 1945.

Sally Mayer: (1882-1950) Juif - homme d'affaire suisse.  Secrétaire de la Fédération suisse des communautés israélites (1936), et représentant honoraire de l'«American Jewish Joint Distribution Committee en Suisse (1940-45).»

Heinrich Himmler:  (1900-1945) Reichsführer - Gestapo & Waffen SS - général de l'armée allemande et chef S.S.

Walter Schellenberg:  Brigadieführer polizei-waffen - général brigadier, Chef de la Police et affaires de l'armée -counterespionage.

Franz Göring: Obersturmführer - officier de l'armée allemande - aide de Schellenberg.

Ernst Kaltenbrunner: général de l'armée allemande - Chef de la sécurité de l'Etat (Reich)

Kurt Becher:  colonel de l'armée allemande.

Heinrich Himmler
Terezin - 1945

Le lendemain, Mr.  Musy repartit avec son fils en Suisse afin de tenter de résoudre le grave problème des compensation en nature.  Dès son retour en Suisse, il se mit en relation avec la Société Ciba Pharmaceutique , en vue de l'obtention d'un stock important de Cibazol pour offrir aux Allemands à titre de compensation partielle.  Concernant les négociations pour obtenir l'autorisation de livrer un certain nombre de véhicules aux Allemands, celles-ci allaient durer des mois, avant d'aboutir à un résultat partiel.   Par conséquent, insuffisant pour donner satisfaction au Allemands.

Monsieur Musy repartit alors pour Berlin et demanda immédiatement une audience à Himmler.  Cette entrevue s'effectua à Wilbad dans la forêt Noire à 900 kilomètres au sud de Berlin, distance qui a été parcourue dans la voiture de Jean-Marie et Benoît Musy.  La discussion avec le Général Himmler fut reprise concernant les difficultés presque insurmontables concernant les compensations en nature.  Après une longue discussion, Himmler renonça aux compensations en nature, pour se contenter d'une somme versée en devises étrangères.   Mr. Musy avait pu convaincre Himmler qu'il était important pour l'Allemagne de libérer les prisonniers des camps de concentration et d'agir vite.  Il fit à nouveau état du document, attestant que le gouvernement américains était prêt à recevoir aux Etats_Unis d'Amérique les Juifs qui ne trouveraient pas asile en Europe.  Le gouvernement américains prenait a sa charge les frais de transport et d'entretien des prisonniers libérés par les allemands.

Le Général Himmler ayant renoncé définitivement à exiger compensation en nature, mais il restait à fixer la somme à verser.  Quelques jours plus tard, le Reichfürer faisait savoir à Mr. Musy qu'il se contenterait d'une somme de 5 millions de francs-suisses, somme très inférieure à celle envisagée précédemment.

Mr. Musy proposa que ces 5 millions de francs seraient déposés à la Banque en suisse au nom du Rabbin Sternbuch, le Président du Comité de Montreux (Union of Orthodox Rabbis of the United States and Canada).  Cependant la Banque remettrait une déclaration à Mr. Musy qu'il était le seul autorisé à disposer de ces fonds pour la négociation avec les Allemands.  Lors de son prochain voyage à Berlin, il présenta les documents bancaires à Himmler.

Télégramme - MUSY

Il était clair que cette remise de fond ne devait avoir lieu qu'après la libération de tous les déportés Juifs.  On le fit savoir par la suite que ces 5 millions serait probablement verser à la Croix-Rouge Internationale, pour servir spécialement à venir en aide aux Allemands dans le besoin.

Liste Musy

Dans son travail, Mr. Musy n'avait rien négligé pour aboutir à un plein succès pour pouvoir obtenir la délivrance des malheureux dans les camps de concentration.      Néanmoins, il savait que pour aboutir, plusieurs voyages en Allemagne devraient être encore nécessaires.  Il était prêt à assumer tous les risques car l'entreprise était en bonne voie.

Rien ne laissait prévoir que l'opération était à la veille de graves difficultés.  Le 22 janvier 1945, le Général Walter Schellenberg (Brigadieführer polizei-waffen SS - général brigadier de la police et armée) chargea Franz Göring de procéder à la libération d'un certain nombre de Juifs, dont l'émancipation immédiate avait été ordonnée.  Or Göring se heurta immédiatement partout à la mauvaise volonté des chefs de camp, qu'ils lui commencèrent par contester ses pouvoirs.  Tout de même les frères Rottenberg, la famille Berger-Rottenberg avec les enfants, les familles Donnebaum, Cilzer, Dr. Stiassny,  Hélène Stein et quelques Juifs français furent retrouvés et libérés de suite, grâce à l'intervention de Jean-Marie Musy.

Franz Göring savait qu'il avait été convenu entre Himmler et Musy, que tous les Juifs seraient libérés et évacués vers la Suisse, pour être en suite embarqués vers l'Amérique.   Nonobstant les difficultés qu'ils rencontraient de toute parts, le Général Schellenberg et Göring n'en poursuivirent énergiquement pas moins leur mandat.  Partout et toujours ils se heurtaient à la puissante opposition du Général Ernst Kaltenbrunner (Chef de la Police de Sécurité - Gestapo), qui toujours s'appliquait sur les décisions de principe de Hitler.

Une autre difficulté survint une autre difficulté qui fut créée probablement par Monsieur Sally Mayer (commerçant suisse et représentant honoraire de «l'American Jewish Joint Distribution Committee» en Suisse1940-45).  A l'occasion de la conférence de Wilbad, le Général Himmler avait fait la réflexion que le groupe de Mr. Sally Mayer serait beaucoup plus important que celui de l'«Union of Orthodox Rabbis of the United States and Canada.»  Himmler désirait une mise au point immédiate de cette grave question, et Musy dut rentrer immédiatement en Suisse pour demander une attestation authentique émanant des Rabbins aux Etats-Unis d'Amérique.  Les voyages étaient devenus de plus en plus dangereux entre Berlin et Wilbad, éloignées de 900 km.  Il avait fallu à plusieurs reprises chercher refuge dans les forêts, à cause des vols de chasseurs alliés qui se faisaient toujours plus nombreux et plus violents.

Invitation à la cérémonie et concert - Raanana le 5 février 2010
HOME - Musy

Copyright 1960-2013: Tous droits de traduction, reproduction et d'adaptation réservés pour tous pays.

admin@musy.net

Holocauste page suivante

65ème Anniversaire (1945-2010) de la libération de 1'200 juifs du camp de concentration de Theresienstadt
Commémoration et concert
"Transport to Freedom" - Raanana,  Israël - le 5 février 2010

Union of Orthodox Rabbis of the United States & Cananda